Plus facile d’interdire les réseaux sociaux que d’apprendre à s’en servir
Ce mardi à Paris, le Parlement vote l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Un texte rempli de compromis visant à protéger les mineurs, mais qui s’apparente à un aveu d’impuissance.
Le Parlement s’apprête à voter une loi qui marque l’échec d’une autre stratégie : celle de la prévention et de l’éducation. Une décision prise sans même que la jeunesse n’y ait été invitée. Le Sénat s’apprête à ouvrir les débats ce matin à 10h30 et sauf coup de théâtre, les moins de 15 ans seront bientôt privés de réseaux sociaux en France.
Hier, députés et sénateurs se sont mis d’accord sur un texte radical. Le calendrier est alors très serré : interdiction totale prévue dès le 1er septembre pour les nouveaux comptes, et fermeture forcée des profils existants d’ici le 1er janvier 2027. Un calendrier spectaculaire mais cruel.
Derrière cette nouvelle loi se cache surtout un manque d’action politique. Personne ne nie la toxicité des écrans ni les ravages du cyberharcèlement chez les adolescents. Mais plutôt que d’éduquer les jeunes, de renforcer la sensibilisation ou de mieux encadrer les plateformes, l’État choisit aujourd’hui l’interdiction. Pour beaucoup, cette décision ressemble à un aveu d’échec en ne se contentant que de bannir.
À la rentrée, nous verrons si les applications réussissent à vérifier le vrai âge des utilisateurs grâce à des outils comme France Identité. La réalité technique s’annonce très difficile. Surtout que certains députés critiquent déjà une loi qui menace notre anonymat, tandis que d’autres comptent s’abstenir face à un texte trop flou.
Ce match politique, qui s’achèvera cet après-midi à l’Assemblée nationale, s’annonce être un duel juridique serré avec l’Union européenne, qui compte bien reprendre la main.
À vouloir aller trop vite pour la rentrée, le gouvernement risque de voter une loi qui n’existera que sur le papier, car elle sera impossible à appliquer.
Yoan BELA.



